Avant de commencer
Commençons par ce que cette formation ne fera pas, parce que c’est inhabituel et parce que c’est le cœur du sujet.
Elle ne t’apprendra pas à reconnaître un faux à l’œil nu.
Ce n’est pas de la modestie. Cette compétence-là n’existe plus vraiment, et les formations qui prétendent l’enseigner rendent leurs participants plus vulnérables, pas moins.
Pourquoi l’examen visuel est un piège
Section intitulée « Pourquoi l’examen visuel est un piège »Il y a quelques années, on repérait un faux à ses défauts : mains à six doigts, texte illisible en arrière-plan, voix métallique, fautes d’orthographe dans les courriels d’arnaque.
Ces défauts disparaissent. Pas complètement, pas partout, mais assez vite pour qu’une formation fondée sur eux soit périmée avant d’être finie.
Le problème n’est pas seulement qu’ils disparaissent, c’est ce que produit une formation qui les enseigne. Elle donne une fausse assurance : « j’ai regardé les mains, c’est bon ». Non. Elle rate les faux réussis, ceux qui n’ont aucun défaut, et qui sont par définition ceux qui font des dégâts. Et elle crée des faux positifs : on finit par soupçonner des contenus authentiques, ce qui est un dommage réel, parce que douter de tout revient à ne plus rien pouvoir croire.
Ce qu’elle enseigne à la place
Section intitulée « Ce qu’elle enseigne à la place »Une méthode de vérification qui ne dépend pas de la qualité du faux.
Le principe est simple. Au lieu de te demander si ce contenu a l’air vrai, tu apprends à te demander d’où il vient et par quel autre chemin tu peux le confirmer.
Cette question-là a une réponse, quelle que soit la perfection technique du faux.
Ce que tu sauras faire à la fin
Section intitulée « Ce que tu sauras faire à la fin »Expliquer ce qui peut être fabriqué aujourd’hui, sans exagérer ni minimiser. Remonter à la source d’une image, d’une vidéo, d’une affirmation. Appliquer le protocole du second canal, le seul réflexe qui protège vraiment. Reconnaître les deux signaux qui accompagnent presque toute manipulation. Réagir si ça t’arrive, avec les bons gestes et les bons interlocuteurs dans le bon ordre. Et protéger un collectif : ta famille, ton association, ton service, ta classe.
À qui elle s’adresse
Section intitulée « À qui elle s’adresse »À tout le monde, sans prérequis. Je l’ai écrite en pensant à une personne qui reçoit des messages étranges et ne sait pas quoi en penser, à un parent dont l’enfant est exposé à des contenus manipulés, à un bénévole ou un élu qui voit circuler de fausses informations sur sa commune, à un salarié dont l’entreprise peut être visée par une fraude au virement, à un enseignant qui veut outiller ses élèves, et à une personne âgée, cible privilégiée des arnaques à la voix clonée.
Une mise en garde sur les « détecteurs de faux »
Section intitulée « Une mise en garde sur les « détecteurs de faux » »Tu croiseras des services qui promettent de dire si une image ou un texte a été généré par une IA.
Sois prudent. Ces outils se trompent dans les deux sens : ils déclarent authentiques des contenus fabriqués, et fabriqués des contenus authentiques. Le second cas est le plus grave, parce qu’un faux positif sur une photo réelle, ou sur le devoir d’un élève, cause un préjudice concret.
On y revient en détail. Retiens pour l’instant qu’un score de détection n’est pas une preuve, et ne doit jamais fonder une accusation.
Comment c’est organisé
Section intitulée « Comment c’est organisé »Le module 1 fait l’état des lieux : ce qui peut réellement être fabriqué, pourquoi nos réflexes sont périmés, et qui fabrique quoi dans quel but. Compte une heure.
Le module 2 passe à l’examen : images, vidéos et voix, textes et sources, profils. Une heure quinze.
Le module 3 traite de la protection : le protocole, réagir, protéger un collectif. Une heure.
Les deux ateliers, une enquête réelle et un plan de protection, prennent trois quarts d’heure.
De quoi tu as besoin
Section intitulée « De quoi tu as besoin »Un ordinateur ou un téléphone avec une connexion.
Trois contenus réels que tu as reçus récemment et dont tu n’es pas sûr : un message, une image, une information. Ils serviront de matière à l’atelier 1.
De quoi noter. Et environ quatre heures.
Cinq minutes avant de commencer
Section intitulée « Cinq minutes avant de commencer »Réponds honnêtement par écrit à trois questions.
T’es-tu déjà fait avoir par un message, une image ou un appel ? Si oui, qu’est-ce qui t’a convaincu ? Si non, comment le saurais-tu ?
Sur 10, à quel point te crois-tu capable de reconnaître une image générée par une IA ?
Et quelle est la personne de ton entourage la plus exposée, et pourquoi ?
Tu reliras la deuxième au bilan. La troisième sera le point de départ de l’atelier 2.
Vérifie ta compréhension
Question : pourquoi une formation qui enseigne à repérer les défauts visuels d’un faux est-elle qualifiée de contre-productive ?
Réponse : parce qu’elle donne une confiance injustifiée. Ces défauts disparaissent, donc la méthode rate précisément les faux les mieux réussis, ceux qui causent des dégâts. Et quelqu’un qui se croit capable de juger vérifie moins que quelqu’un qui se sait incapable.
Première fiche : ce qu’on peut réellement fabriquer aujourd’hui.
Une formationBaxIA