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Ce que tu sais faire maintenant

Une journée, et tu repars avec deux documents plutôt qu’avec des notes : un inventaire et un plan d’une page.

Tu repars aussi avec quelque chose de moins visible et de plus utile : la capacité de dire à ta direction ce qui ne vous concerne pas.

De quoi on parle

Acquis ? Ce que je sais faire
J’explique que c’est une réglementation de produit, classée par le risque
Je sais que la classe dépend de l’usage, pas de l’outil
Je distingue fournisseur et déployeur, et je sais lequel nous sommes
Je connais les trois manières de devenir fournisseur sans le savoir
Je sais ce qui ne pèse pas sur nous, et je peux le dire en comité
Je donne les dates avec leur réserve, et j’explique pourquoi

Les quatre niveaux

Acquis ? Ce que je sais faire
Je connais les pratiques interdites, et celle qui concerne tout le monde
Je repère le vocabulaire commercial qui habille la reconnaissance des émotions
Je connais les huit domaines du haut risque, et les trois qui nous touchent
Je sais que la dérogation au haut risque suppose une évaluation documentée
Je sais ce que la transparence exige, et ce qu’elle coûte
Je classe l’essentiel du parc en niveau minimal sans y passer de temps

Ce que nous devons faire

Acquis ? Ce que je sais faire
Je connais l’obligation de maîtrise de l’IA et je sais la satisfaire
Je connais les six obligations du déployeur
Je sais tester si une supervision humaine en est réellement une
Je sais que l’information des représentants du personnel est préalable
Je sais brancher ce travail sur le registre et les analyses d’impact existants
Je sais qu’il faut un référent nommé, avec du temps identifié
Je n’utilise pas les sanctions comme argument

Quatorze cases sur dix-neuf ou plus, la journée est acquise. En dessous, reprends les modules concernés, en commençant par la question du rôle : tout le reste en dépend.

À reprendre tel quel dans votre support interne.


Ce système décide-t-il quelque chose sur quelqu’un ? Si non, vous êtes presque certainement en niveau minimal.

Interdit : émotions au travail, notation sociale hors contexte → arrêter, documenter, signaler Haut risque : emploi, éducation, services essentiels → notice, supervision, information, trace Transparence : agent conversationnel, contenus de synthèse diffusés → annoncer Minimal : reformuler, traduire, résumer, préparer → vos règles internes, rien de plus

Acheté et utilisé tel quel → déployeur, charge modérée Développé, marqué à notre nom, modifié, ou détourné vers un autre usage → question à poser

Les pratiques interdites · L’obligation de maîtrise de l’IA Et tous les autres textes : données personnelles, droit du travail, non-discrimination

Combien de fois cette année quelqu’un s’est-il écarté du résultat du système ? Zéro = pas de supervision.

« Votre système déduit-il un état émotionnel, un trait de personnalité ou une motivation à partir du visage, de la voix ou du comportement ? » À obtenir par écrit.


« Combien ça va nous coûter ? »

Pour une organisation qui achète ses outils et a une ou deux lignes en haut risque : quelques jours de travail interne, une formation courte pour le personnel concerné, et l’obtention de documents auprès de fournisseurs. Pas un chantier de six mois. Le chiffrage précis, c’est votre plan de l’atelier 2, et il est propre à votre situation.

« Faut-il prendre un cabinet ? »

Pour l’inventaire, le classement et le plan : non, vous venez de le faire. Pour les qualifications difficiles, les développements internes, la question du changement de destination et les évaluations d’impact : oui, et de façon ciblée. Un accompagnement global sur un sujet que vous ne maîtrisiez pas coûte cher et produit des documents génériques.

« Et si le calendrier est repoussé ? »

Rien de ce que vous avez décidé aujourd’hui ne devient inutile. Les pratiques interdites le restent, la maîtrise de l’IA s’applique déjà, et les autres textes s’appliquent depuis longtemps. Un report change la date à laquelle on vous le demandera, pas ce qu’on vous demandera.

« Nos concurrents ne font rien. »

C’est probablement vrai, et ce n’est pas un argument dans un sens ni dans l’autre. Le vrai risque d’une organisation ordinaire n’est pas le contrôle : c’est un candidat écarté qui demande des explications, un salarié qui conteste une évaluation, un client qui invoque ce que votre agent lui a dit. Ces trois situations arrivent indépendamment de ce que font vos concurrents.

« Est-ce qu’on peut continuer à utiliser un assistant tous les jours ? »

Oui, et c’est le message à faire passer aux équipes. La quasi-totalité de ces usages relève du niveau minimal. Ce qui demande un cadre, ce sont les deux ou trois usages qui décident sur des personnes. Freiner tout le reste au nom de ce texte serait un contresens.

Ton besoin La suite
Comprendre le fonctionnement de ces outils L’IA sans jargon
Traiter le domaine emploi en profondeur IA pour les ressources humaines
Cadrer ce qui sort de l’organisation IA et données personnelles au quotidien
Outiller le back-office et le secrétariat IA pour l’assistant·e et l’administratif
Rédiger et faire vivre une charte IA interne Rédiger et faire vivre une charte IA interne (en préparation)

Ce texte est présenté partout comme une contrainte nouvelle et écrasante. Il est surtout, pour une organisation ordinaire, une obligation de savoir ce qu’on utilise.

C’est la partie que personne ne fait, et c’est celle qui a de la valeur au-delà de toute réglementation. Une organisation qui tient l’inventaire de ses systèmes, qui sait lesquels décident sur des personnes, et qui a désigné quelqu’un pour s’en occuper, est mieux gérée. Le règlement n’y est pour rien.

Le reste, la documentation, les évaluations, les marquages, pèse sur ceux qui fabriquent. Ce n’est pas vous, et personne ne vous l’a dit assez clairement.

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