Lire une offre pour ce qu’elle dit
Une offre d’emploi n’est pas un contrat. C’est un texte écrit vite, souvent recopié d’une offre précédente, parfois par quelqu’un qui ne fera pas le travail et ne le connaît pas bien.
Le lire comme une liste de conditions à remplir fait renoncer à des postes qu’on aurait eus. Le lire correctement prend cinq minutes et se fait très bien avec une IA, à condition de lui demander la bonne chose.
Les trois questions à poser à une offre
Section intitulée « Les trois questions à poser à une offre »Voici une offre d'emploi. Analyse-la pour un candidat, en trois parties :
1. les exigences qui semblent réellement indispensables au poste, et celles qui ressemblent à une liste de souhaits recopiée ;2. ce que l'offre ne dit pas et que je devrais demander : salaire, horaires, encadrement, raison du recrutement, périmètre exact ;3. les indices sur l'ambiance et l'organisation réelles, en citant les formulations sur lesquelles tu t'appuies.
Ne me conseille pas encore de postuler ou non.
[colle l'offre ici]La dernière ligne évite que la machine te réponde ce qui te fera plaisir. La question de postuler ou non se pose après, et elle se pose à toi.
Ce qui est indispensable, ce qui est décoratif
Section intitulée « Ce qui est indispensable, ce qui est décoratif »Certaines exigences sont réelles : un diplôme obligatoire pour exercer, une habilitation, un permis, une langue quand le poste est international. Sans elles, la candidature n’ira pas.
Beaucoup d’autres sont des souhaits. « Cinq ans d’expérience » veut souvent dire « on ne veut pas former quelqu’un entièrement ». La liste de dix logiciels signifie généralement qu’on en utilise trois au quotidien.
La question utile n’est pas « est-ce que je coche tout », mais : est-ce que je peux faire ce travail lundi matin, et est-ce que je peux le démontrer ?
Ce que l’offre ne dit pas
Section intitulée « Ce que l’offre ne dit pas »Le point 2 de la demande est celui qui rend le plus service, parce qu’il te prépare aux questions à poser en entretien.
L’absence de salaire est fréquente et n’est pas en soi un mauvais signe. L’absence de lieu précis, de type de contrat ou de nom d’entreprise en est un, et le module 4 explique pourquoi.
Cherche aussi la raison du recrutement, qui n’est presque jamais écrite. Création de poste, remplacement d’un départ, remplacement d’un congé, croissance : ce sont quatre situations très différentes, et la question se pose en entretien.
Les formulations qui en disent long
Section intitulée « Les formulations qui en disent long »Certaines phrases reviennent et méritent d’être traduites. Ce n’est pas une science exacte, c’est un faisceau d’indices.
| L’offre dit | Ce que ça peut vouloir dire |
|---|---|
| « Vous êtes polyvalent » | Le poste couvre plusieurs fonctions, parfois trois |
| « Équipe jeune et dynamique » | Turnover, ou salaires bas, ou les deux |
| « Nous cherchons un couteau suisse » | Le périmètre n’est pas défini, il le sera par ce que tu acceptes |
| « Poste évolutif » | Il n’y a rien de promis, et rien d’écrit |
| « Résistance au stress » | Le poste est effectivement tendu |
| « Esprit start-up » | Horaires extensibles |
Aucune de ces phrases n’est un motif de renoncement. Ce sont des questions à poser en entretien, et les poser te distingue immédiatement.
Décider, maintenant
Section intitulée « Décider, maintenant »Tu as la matière. La décision t’appartient, et trois questions suffisent.
Est-ce que je peux faire ce travail, avec ce que j’ai appris à la fiche précédente ?
Est-ce que ce que je vois de l’organisation me convient, ou au moins ne m’alarme pas ?
Est-ce que je peux écrire une phrase spécifique sur cette entreprise, qui montre que j’ai regardé qui elle est ?
Si la réponse à la troisième est non, c’est le signe que tu postules par volume. Soit tu prends dix minutes pour aller regarder, soit tu passes à une autre offre.
Vingt minutes de pratique
Section intitulée « Vingt minutes de pratique »Prends une offre réelle qui t’intéresse, aujourd’hui.
Fais l’analyse en trois parties. Note à part ce que tu demanderas en entretien : c’est déjà un brouillon de ta préparation du module 3.
Puis cherche l’entreprise. Son site, une actualité récente, ce qu’elle vend, à qui. Dix minutes suffisent, et écris une phrase, une seule, qui prouve que tu as regardé.
Garde cette phrase. C’est elle qui rendra ta lettre différente des vingt-neuf autres, et c’est le seul élément de ta candidature qu’une machine ne peut pas produire à ta place.
Vérifie ta compréhension
Question : l’offre demande cinq ans d’expérience et la maîtrise de trois logiciels. Tu as deux ans et tu en connais un. Tu postules ?
Réponse : probablement oui, si tu peux faire le travail. Ces deux exigences sont typiquement des souhaits : l’ancienneté sert à filtrer, pas à mesurer, et les listes de logiciels sont recopiées. Ce qui compte, c’est ce que tu écris pour compenser : ce que tu as fait de comparable en deux ans, et le fait que tu as appris ton logiciel actuel seul, ce qui répond d’avance à l’objection sur les deux autres. En revanche, s’il manque une habilitation obligatoire, la candidature n’a pas de sens.
Le module suivant produit les documents. On commence par le CV, et par ce que la machine ne doit surtout pas y toucher.
Une formationBaxIA