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Ancrer la réponse sur ta matière

Toutes les techniques précédentes améliorent la forme et le raisonnement. Celle-ci s’attaque directement au risque principal : les affirmations inventées.

Le principe tient en une phrase. Une réponse construite à partir d’un document que tu fournis est incomparablement plus fiable qu’une réponse construite de mémoire.

Quand tu poses une question dans le vide, l’outil compose la suite la plus vraisemblable à partir de ce qu’il a retenu de son apprentissage, sans que rien ne distingue le bien ancré du plausible.

Quand la réponse doit s’appuyer sur un texte présent sous ses yeux, la suite la plus vraisemblable devient une reprise de ce texte. Tu n’as pas supprimé le mécanisme d’invention : tu lui as donné une matière tellement disponible que le détour par l’invention n’est plus le chemin le plus court.

Elles se cumulent, et chacune ajoute une garantie.

Restreindre la source.

Réponds UNIQUEMENT à partir du contenu de <documents>.
N'utilise aucune connaissance extérieure, même si tu la crois exacte.

La seconde phrase est indispensable. Sans elle, l’outil complète volontiers avec ce qu’il « sait », et tu ne peux plus distinguer ce qui vient de ton document de ce qui vient d’ailleurs.

Autoriser, et imposer, l’abstention.

Si l'information n'est pas dans <documents>, réponds exactement :
« Non trouvé dans les documents fournis. »
Ne propose pas de réponse approchante, ne suggère pas d'hypothèse.

Sans cette consigne, l’outil traite l’absence de réponse comme un échec de sa part, et produit quelque chose plutôt que rien.

Note le « ne propose pas de réponse approchante ». Sans cette précision, tu obtiens souvent « le document ne le précise pas, mais généralement… », et ce « généralement » est exactement ce qu’on voulait éviter.

Exiger la citation.

Pour chaque affirmation, cite entre guillemets le passage exact du
document sur lequel tu t'appuies.
Si tu ne peux pas citer, tu ne peux pas affirmer.

Cette dernière phrase est une règle simple et très efficace. Elle transforme une réponse en réponse vérifiable : tu contrôles la citation d’un coup de recherche dans le document, sans relire l’ensemble.

Séparer le cité du déduit.

Distingue systématiquement :
[CITÉ] ce qui figure littéralement dans le document
[DÉDUIT] ce que tu conclus à partir de plusieurs éléments
[ABSENT] ce qui n'y est pas

Cette distinction est ce qui rend une synthèse professionnelle. Les déductions ne sont pas interdites, elles sont souvent utiles, mais elles doivent être étiquetées pour que tu saches où porter ton attention.

À garder tel quel dans ton fichier « mes demandes » :

Réponds uniquement à partir de <documents>. N'utilise aucune connaissance
extérieure, même si tu la crois exacte.
Pour chaque élément de ta réponse, indique :
[CITÉ] + le passage entre guillemets
[DÉDUIT] + les éléments qui fondent la déduction
[ABSENT] si l'information n'y est pas
Si l'essentiel de la réponse est absent, écris uniquement :
« Non trouvé dans les documents fournis. »
<documents>
[...]
</documents>

Trois limites, à connaître.

L’outil peut mal lire. Il peut attribuer une phrase au mauvais paragraphe, confondre deux montants voisins, ou rater une négation. L’ancrage réduit l’invention, pas l’erreur de lecture. Les négations et les exceptions (« sauf si », « à l’exception de ») sont les passages les plus souvent mal traités : vérifie-les en priorité.

Un document long peut être partiellement traité. Si tu fournis cent pages, rien ne garantit que tout ait pesé de la même façon. Sur un document volumineux, mieux vaut extraire d’abord les passages pertinents puis travailler sur cet extrait. C’est un chaînage.

Un document faux produit une réponse fausse. L’ancrage garantit la fidélité à la source, pas la véracité de la source. Si ta procédure interne est périmée, tu obtiendras une réponse fidèlement périmée.

Certains assistants peuvent consulter internet et citer leurs sources. Le principe reste le même, avec une vigilance supplémentaire : il faut vérifier que la source existe, qu’elle dit ce qu’on lui fait dire, et qu’elle est fiable.

Une consigne utile dans ce cas :

Pour chaque source utilisée : donne l'adresse complète, la date de
publication, et l'organisme responsable. Si tu ne peux pas fournir ces
trois éléments, n'utilise pas la source.

Nouveau besoin, très fréquent : répondre à une demande client en s’appuyant sur la procédure interne, sans l’inventer.

RÔLE
Tu m'aides à préparer une réponse conforme à notre procédure interne.
TÂCHE
Détermine ce que notre procédure prévoit pour la situation décrite
dans <demande>, puis prépare les éléments de réponse.
RÈGLES D'ANCRAGE
- Appuie-toi uniquement sur <procedure>.
- Cite entre guillemets le passage applicable.
- Si la procédure ne traite pas ce cas, écris « Cas non couvert par la
procédure, à arbitrer » et n'invente aucune règle.
- Signale toute contradiction interne à la procédure.
<procedure>
[le texte de la procédure]
</procedure>
<demande>
[le message du client]
</demande>

La consigne « signale toute contradiction interne » est un bonus précieux. Appliquée à de vraies procédures, elle révèle régulièrement des incohérences que personne n’avait relevées.

Prends un document de référence de ton travail : procédure, règlement, contrat type, fiche technique. Anonymise si nécessaire.

Pose-lui trois questions dont tu connais la réponse, avec le gabarit d’ancrage. Vérifie chaque citation en la recherchant littéralement dans le document.

Pose ensuite une question dont la réponse n’est pas dans le document. Tu dois obtenir « Non trouvé ». Si tu obtiens autre chose, renforce la consigne d’abstention et recommence.

Enfin, cherche un passage contenant une négation ou une exception, et pose une question dessus. C’est le test le plus révélateur.

Vérifie ta compréhension

Question : l’ancrage sur un document supprime-t-il le risque d’erreur ?

Réponse : non. Il réduit fortement les inventions, mais il subsiste trois risques : une mauvaise lecture du document (particulièrement sur les négations et les exceptions), un traitement partiel si le document est très long, et une source elle-même fausse ou périmée, auquel cas la réponse sera fidèlement fausse.

Fiche suivante : tester une demande comme un professionnel.

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