Transparence et usage courant
Les deux derniers niveaux couvrent la quasi-totalité de votre parc, et ils demandent peu de travail. Peu ne veut pas dire zéro.
Le niveau transparence
Section intitulée « Le niveau transparence »Certains systèmes ne sont pas à haut risque mais posent un risque de tromperie. Le texte leur impose d’être annoncés. Quatre situations, et trois vous concernent probablement.
Un système qui interagit avec des personnes. Un agent conversationnel sur votre site, dans votre service client, sur votre messagerie professionnelle. La personne doit savoir qu’elle s’adresse à une machine, à moins que ce ne soit évident pour quelqu’un de normalement attentif.
C’est l’obligation la plus fréquente, et la plus simple : une phrase visible au début de l’échange, et un moyen d’obtenir un humain.
Un contenu généré ou manipulé, diffusé. Les contenus de synthèse doivent être marqués dans un format lisible par machine et détectables comme artificiels. Cette obligation pèse d’abord sur les fournisseurs des systèmes qui les produisent.
Un contenu qui imite une personne ou un événement réel, ce qu’on appelle communément un hypertrucage. Il doit être signalé comme artificiel. Si votre communication produit une vidéo où un dirigeant réel dit des choses qu’il n’a pas dites, même à titre d’illustration, c’est ici.
Un texte publié pour informer le public sur des questions d’intérêt général, généré par une IA, doit être signalé comme tel, sauf relecture et responsabilité éditoriale humaine assumée.
Ce dernier point concerne les collectivités, les organismes publics et toute organisation qui publie de l’information générale. Il ne concerne pas votre plaquette commerciale.
Ce qu’engage ce que dit votre agent conversationnel
Section intitulée « Ce qu’engage ce que dit votre agent conversationnel »Point qui dépasse le règlement et qui mérite d’être posé ici, parce qu’il surprend toujours.
Ce que votre agent automatique répond à un client engage votre organisation. Une information sur un délai, une garantie, un droit ou une condition de remboursement, donnée par un système sur votre site, sous votre nom, a été donnée par vous.
Répondre ensuite que « c’est le robot qui l’a dit » n’a jamais tenu.
Trois précautions, indépendantes du règlement : borner l’agent à vos propres documents de référence, lui faire dire « je transmets à un conseiller » plutôt que d’inventer, et faire relire régulièrement les conversations par un humain.
Le niveau minimal
Section intitulée « Le niveau minimal »Tout le reste. C’est l’essentiel du volume, et il n’y a pratiquement rien à faire au titre de ce texte.
Reformuler, traduire, résumer, corriger, préparer, expliquer, produire un support interne, chercher dans ses propres documents. Ces usages ne décident rien sur personne et ne trompent personne.
Ils restent soumis à ce qui s’appliquait déjà : protection des données, confidentialité, droit d’auteur, droit de la consommation quand il s’agit de communication commerciale, et vos propres règles internes.
C’est là que se trouve le temps gagné par vos équipes. Le freiner au nom de ce règlement serait un contresens complet, et c’est pourtant ce que produisent certaines chartes écrites dans la panique.
Les modèles à usage général, en deux minutes
Section intitulée « Les modèles à usage général, en deux minutes »Question qui vient toujours, et qui se règle vite pour un déployeur.
Les grands modèles génériques sur lesquels reposent les assistants du marché ont leur propre régime. Leurs fournisseurs doivent notamment tenir une documentation technique, mettre en place une politique de respect du droit d’auteur, et publier un résumé suffisamment détaillé des contenus utilisés pour l’entraînement. Les modèles présentant un risque systémique portent des obligations supplémentaires.
Ce n’est pas votre sujet si vous achetez un assistant du commerce. Vous n’êtes ni fournisseur du modèle ni fournisseur du système.
La seule chose utile pour vous : quand un fournisseur d’assistant vous vend un outil, demandez-lui sur quel modèle il repose et s’il assume les obligations correspondantes. C’est une question de diligence contractuelle, pas une obligation qui pèserait sur vous.
Le tableau récapitulatif des quatre niveaux
Section intitulée « Le tableau récapitulatif des quatre niveaux »À reprendre tel quel dans votre support interne.
| Niveau | Exemples | Ce que vous devez faire |
|---|---|---|
| Interdit | Reconnaissance des émotions au travail, notation sociale | Arrêter, documenter, signaler |
| Haut risque | Tri de candidatures, évaluation, accès à un service essentiel | Notice, supervision, information, traçabilité |
| Transparence | Agent conversationnel, contenus de synthèse diffusés | Annoncer, signaler |
| Minimal | Reformuler, traduire, résumer, préparer | Vos règles internes, et rien de plus au titre de ce texte |
Ce tableau est le livrable le plus réutilisable de la journée. Il tient sur une diapositive, il est juste, et il désamorce l’essentiel de l’inquiétude ambiante.
Vérifie ta compréhension
Question : votre service client a mis en place un agent conversationnel sur le site, qui se présente sous un prénom et répond aux questions courantes. Que faut-il faire ?
Réponse : deux choses, et elles sont légères. Rendre visible qu’il s’agit d’un système automatique, avec un moyen simple d’obtenir un humain : un prénom et un ton naturel ne suffisent pas à informer, ils font plutôt l’inverse. Et border ce que l’agent peut affirmer, en le limitant à vos documents de référence, parce que ce qu’il dit engage l’entreprise. Ce n’est pas du haut risque, donc pas de dossier de conformité : c’est une phrase, un bouton, et une relecture régulière des conversations.
L’atelier 1 applique ces quatre niveaux à ce qui tourne réellement chez vous.
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