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Relances et suivi

Personne ne remarque une relance faite à temps. Tout le monde remarque celle qui manque.

C’est le travail le plus ingrat du poste, et celui où un peu de méthode change vraiment la vie.

Point de départ : les actions sont éparpillées dans des comptes rendus, des mails et des notes. Elles ne sont nulle part ensemble.

Voici un compte rendu.
Extrais les actions sous forme de tableau : quoi, qui, pour quand.
N'inscris que ce qui est explicitement dit. Quand le responsable ou
l'échéance ne sont pas précisés, écris « non précisé » plutôt que de
deviner.

La consigne finale est ce qui rend l’exercice utile. La colonne « non précisé » est un révélateur : ce sont les actions qui ne seront pas faites, et les signaler à la réunion suivante est un vrai service rendu.

Fais-le systématiquement sur tes comptes rendus, et tu obtiens en quelques semaines un tableau de suivi qui n’existait pas.

Rien d’original, et c’est bien pour ça que ça marche.

Quoi Qui Pour quand Relancé le État

Une seule règle : un seul tableau. Trois tableaux dans trois outils différents, c’est zéro tableau.

Deux colonnes font le travail. « Relancé le », parce que la date de la dernière relance est ce qui détermine la suivante. Et « État », en trois valeurs seulement : à faire, relancé, terminé. Les échelles plus fines ne sont jamais tenues.

Une relance efficace est courte, factuelle, sans reproche, et rappelle le contexte en une ligne parce que la personne a oublié.

Trois niveaux, et il vaut mieux les avoir écrits d’avance en gabarits.

La première. Neutre, presque un rappel administratif. « Je reviens vers vous concernant [objet], demandé le [date]. Pouvez-vous m’indiquer où cela en est ? »

La deuxième. Plus ferme, avec la conséquence factuelle du retard. « Sans retour d’ici [date], nous ne pourrons pas [conséquence réelle]. »

La troisième. Elle change de registre, et surtout elle change de destinataire ou de canal : un appel, ou une copie à la hiérarchie. Répéter le même mail une troisième fois ne produit rien.

Fais-toi produire les trois niveaux une fois, à partir de ton gabarit maison, et range-les. Ensuite, relancer prend trente secondes au lieu de cinq minutes d’hésitation sur le ton.

Une routine de dix minutes qui remplace le sentiment permanent d’oublier quelque chose.

Un moment fixe dans la semaine, le même jour. Tu relis le tableau, tu envoies les relances dues, tu notes ce qui a bougé.

Puis tu produis le récapitulatif pour ta hiérarchie, ce qui prend une minute à partir du tableau : « Voici mon tableau de suivi. Rédige un point hebdomadaire en dix lignes : ce qui a avancé, ce qui est bloqué et sur quoi, ce qui demande une décision. »

Ce dernier document a un effet secondaire considérable. Il rend visible un travail qui ne l’est jamais, et c’est précisément ce dont ce poste manque le plus.

L’outil ne sait pas qui relancer en priorité, ni comment. Il ne sait pas que ce prestataire répond toujours après trois jours, que cette collègue est débordée en ce moment, qu’il vaut mieux appeler ce service que lui écrire.

Il ne sait pas non plus quand il faut arrêter de relancer et passer à autre chose, ou remonter le sujet.

Ces décisions sont la valeur du poste. Le gain porte sur le temps de rédaction et sur la tenue du tableau, ce qui est déjà considérable.

Prends ton dernier compte rendu et fais extraire les actions, avec la consigne « non précisé ».

Regarde combien de lignes portent cette mention. C’est le nombre d’actions qui n’auraient pas été faites.

Puis crée ton tableau unique, s’il n’existe pas, et fixe le jour du point hebdomadaire. Un jour précis, pas « en fin de semaine ».

Vérifie ta compréhension

Question : dans le compte rendu, il est écrit « il faudrait relancer le prestataire ». L’extraction propose : « Relancer le prestataire · Responsable : l’assistante · Pour le vendredi 12 ». Que fais-tu ?

Réponse : tu remplaces le responsable et l’échéance par « non précisé », parce que ni l’un ni l’autre n’ont été dits en réunion. C’est une supposition, et elle est plausible, ce qui la rend dangereuse : diffusée telle quelle, elle t’attribue une action que personne ne t’a confiée et fixe une date que personne n’a validée. La bonne suite est de poser la question à la réunion suivante, ou par mail.

Dernière fiche du module : retrouver une information dans tes propres documents.

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