Les questions difficiles
Il y a les questions difficiles parce qu’elles touchent à quelque chose de sensible, et il y a les questions auxquelles on n’a tout simplement pas le droit de te soumettre. Ce ne sont pas les mêmes, et il vaut mieux savoir laquelle on te pose.
Le principe, pour toutes les premières
Section intitulée « Le principe, pour toutes les premières »Une réponse courte, factuelle, sans excuse, suivie d’un retour vers le poste.
Court, parce que la longueur trahit le malaise et invite à creuser. Factuel, parce que se justifier donne le sentiment qu’il y a de quoi. Et le retour vers le poste redonne la main sur la conversation.
Ces réponses se préparent très bien à l’écrit, puis se répètent à voix haute. C’est exactement l’usage de la fiche précédente.
Le trou dans le parcours
Section intitulée « Le trou dans le parcours »« J’ai interrompu mon activité deux ans pour raisons de santé. C’est réglé, je suis pleinement disponible, et j’ai repris une formation en attendant. »
Deux phrases. Pas de détail médical : tu n’en dois aucun, et une question insistante sur ton état de santé n’est pas légitime.
Si le trou correspond à une période où tu as été aidant, dis-le tel quel. C’est de la vie, pas une faute.
Le licenciement, la rupture, le poste très court
Section intitulée « Le licenciement, la rupture, le poste très court »« Le poste a pris fin dans le cadre d’une réorganisation. » « Ça ne correspondait pas à ce qui avait été décrit, on s’est quittés d’un commun accord au bout de trois mois. »
Une règle absolue : ne critique jamais ton ancien employeur. Même quand tu as raison, même quand c’était injuste. Le recruteur n’a aucun moyen de vérifier et ne retient qu’une chose, que tu parleras de lui de la même façon.
Si l’histoire est vraiment mauvaise, prépare la version courte et neutre, et entraîne-toi à la dire sans que le ton monte. C’est un exercice utile à faire avec la machine, justement parce qu’elle ne compatit pas.
La reconversion
Section intitulée « La reconversion »La question sous-jacente est toujours la même : est-ce que tu vas repartir dans six mois ?
Réponds à celle-là. Pourquoi ce changement, pourquoi maintenant, et ce que tu apportes que les autres candidats n’ont pas.
Ton ancien métier n’est pas un handicap à faire oublier, c’est ce qui te distingue. Un ancien cuisinier qui postule en logistique connaît la cadence, le stock et le travail sous pression mieux que quiconque. Encore faut-il le dire, et c’est un travail de traduction que la machine fait bien : « Voici mon ancien métier, voici le poste visé, quelles compétences réelles se transfèrent ? »
Les prétentions salariales
Section intitulée « Les prétentions salariales »Donne une fourchette, préparée à froid comme dit à la fiche précédente, et ajoute que c’est négociable selon le contenu exact du poste.
« Je préfère ne pas répondre » ferme une porte. Un chiffre en l’air en ferme une autre.
L’âge, jamais nommé mais présent
Section intitulée « L’âge, jamais nommé mais présent »Il n’est presque jamais posé directement. Il arrive sous d’autres formes : « le poste est très opérationnel », « l’équipe est jeune », « vous ne vous ennuierez pas ? ».
Réponds au sous-entendu, pas à la question. La disponibilité, l’envie de faire ce travail-là, et l’expérience comme un gain de temps pour eux.
Et sache que l’âge est un critère de discrimination interdit. Si le refus est explicitement motivé par lui, ce n’est pas une fatalité, c’est un fait signalable.
Le silence
Section intitulée « Le silence »Ce n’est pas une question, c’est une technique, et elle fonctionne très bien sur les candidats.
Tu réponds, le recruteur ne dit rien et te regarde. La plupart des gens remplissent le vide et en disent trop, souvent la chose qu’ils ne voulaient pas dire.
Tu as le droit de te taire aussi. Trois secondes de silence ne sont désagréables que pour celui qui les subit mal.
C’est une chose que la machine ne t’apprendra pas, parce qu’elle enchaîne toujours. Note-la et souviens-t’en.
Vérifie ta compréhension
Question : on te demande si tu comptes avoir des enfants prochainement. Que fais-tu ?
Réponse : cette question n’a pas de lien avec l’emploi et n’a pas à être posée. Trois options selon ce que tu veux faire de ce poste : répondre si ça ne te coûte rien, ramener au poste (« je suis disponible aux horaires proposés et je compte m’installer durablement »), ou dire poliment que ça ne concerne pas le poste. Tu n’es pas tenu de dire la vérité sur ce terrain, et retiens surtout ce que la question t’apprend sur l’employeur.
Dernière fiche du module : ce qui se passe après, et la relance qui obtient des réponses.
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