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À quoi ça sert, concrètement

Commençons par le plus court chemin. Un assistant conversationnel, c’est une fenêtre où vous écrivez une phrase, et qui vous répond par du texte.

C’est tout. Le reste est du détail.

Imaginez quelqu’un qui aurait lu une quantité vertigineuse de textes, sans en retenir un seul mot précis, mais qui aurait développé une intuition remarquable de la façon dont les phrases s’enchaînent.

Vous lui posez une question. Il ne va pas chercher la réponse dans un dossier : il reconstruit une réponse, mot après mot, en choisissant à chaque instant la suite la plus vraisemblable.

C’est exactement ce que fait la machine. Elle ne sait pas si elle a raison. Elle produit ce qui ressemble le plus à une bonne réponse.

Retenez cette phrase, tout le reste en découle.

Cinq choses, et ce sont celles qui vous serviront.

Expliquer autrement. Vous avez un courrier administratif incompréhensible. Vous le recopiez et vous demandez qu’on vous l’explique en français simple. C’est probablement l’usage le plus utile de toute la formation.

Écrire à votre place, à partir de ce que vous dictez. Une réclamation, une lettre à la mairie, un mot à votre assurance. Vous dites ce que vous voulez, la machine met en forme, vous relisez et vous corrigez.

Retrouver un mot. « Comment appelle-t-on l’outil du jardinier qui sert à couper les branches hautes ? » Le mot vous échappe, la machine le retrouve. C’est bête, et c’est très agréable.

Résumer. Un long document, un mode d’emploi, un compte rendu de réunion de copropriété.

Préparer. Un rendez-vous médical, une réunion, une conversation difficile. Vous racontez la situation, vous demandez quelles questions poser.

Et là, il faut être net.

Les faits précis. Dates, chiffres, montants, noms, articles de loi. La machine les invente avec un aplomb parfait. On y revient à la fiche « Ce qu’il ne faut pas croire ».

Tout ce qui est récent. Sa connaissance s’arrête à une date. Ce qui s’est passé après, elle ne le sait pas, et elle ne le dit pas toujours.

Votre situation personnelle. Elle ne connaît ni votre dossier, ni vos droits, ni votre contrat. Elle vous donnera une réponse générale, plausible, et potentiellement fausse pour votre cas.

Les calculs. Elle se trompe dans les additions. C’est déconcertant pour une machine, et c’est ainsi.

Autant vous le dire, ça évitera des déceptions.

Lui faire écrire des poèmes, des blagues, des histoires : amusant cinq minutes, sans grand intérêt ensuite. Lui demander son avis : elle n’en a pas, elle produit ce qui ressemble à un avis. Discuter avec elle pour discuter : certaines personnes y trouvent de la compagnie, d’autres trouvent ça vide. Il n’y a pas de bonne réponse, mais ne confondez pas ça avec une présence.

« Est-ce que ça peut remplacer quelqu’un ? »

Non. Et sur ce point je ne veux pas être ambigu.

Cela peut vous éviter de déranger vos enfants pour un courrier à écrire, ce qui est appréciable quand on n’aime pas demander. Cela peut vous rendre autonome sur des démarches où vous ne l’étiez plus.

Mais une machine qui produit du texte plausible n’est pas quelqu’un. Elle ne se souvient pas de vous d’une fois sur l’autre, elle ne s’inquiète pas de votre santé, et elle ne viendra pas si vous tombez.

Si vous vous sentez seul, c’est un vrai sujet, et ce n’est pas celui-là qui le règle.

Pour vous donner une idée de ce que ça change, voici ce que rapportent le plus souvent les personnes qui s’y mettent après 70 ans.

Le courrier administratif qui prenait une soirée d’agacement prend dix minutes. La lettre qu’on repoussait depuis trois semaines s’écrit en un quart d’heure. Et surtout, on cesse d’avoir à demander pour des choses qu’on trouvait humiliant de demander.

C’est modeste, et c’est réel.

Prenez le papier que vous avez mis de côté, celui que vous n’avez pas bien compris.

Ouvrez un assistant, recopiez ou dictez le texte, et demandez : « Expliquez-moi ce courrier en français simple, et dites-moi ce que je dois faire et avant quand. »

Lisez la réponse. Ne faites rien d’autre pour l’instant, on verra à la fiche suivante comment mieux demander.

Notez simplement : est-ce que vous avez mieux compris qu’avant ? Oui ou non.

Vérifiez que vous avez compris

Question : vous demandez à quelle date exacte a été votée une loi qui vous concerne. Pouvez-vous vous fier à la réponse ?

Réponse : non. Les dates, les chiffres et les références sont exactement ce que la machine invente le mieux, avec un aplomb total. Elle vous donnera une date crédible, qui peut être fausse. Pour ce genre d’information, il faut une source officielle, ou quelqu’un dont c’est le métier.

Fiche suivante : parler plutôt qu’écrire.

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