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Faux conseillers, faux dépannages

La fiche précédente traitait d’un appel qui joue sur l’affection. Celle-ci traite d’appels qui jouent sur l’autorité, et elle est en réalité plus utile, parce que ces appels-là sont beaucoup plus fréquents.

Trois formes reviennent sans arrêt. Elles ont des décors différents et un mécanisme unique.

C’est le plus répandu, et le plus coûteux.

Le téléphone sonne, et le numéro qui s’affiche est celui de votre agence. Il peut être copié : ce que vous voyez à l’écran ne prouve rien, exactement comme la voix.

Votre interlocuteur connaît votre nom, parfois votre agence, parfois vos dernières opérations. Ces informations circulent, elles ont fuité quelque part, et il s’en sert comme d’une carte de visite.

Le scénario : une opération suspecte a été détectée sur votre compte. Il faut agir vite pour la bloquer. Il vous demande de confirmer votre identité, de communiquer un code reçu par SMS, ou de valider une opération dans votre application bancaire pour « annuler » la fraude.

Ce que vous validez alors, c’est le virement lui-même.

Une fenêtre s’ouvre sur votre écran, en rouge, avec un signal sonore. Votre ordinateur serait infecté. Un numéro à appeler s’affiche, souvent présenté comme un service officiel.

Rien n’est infecté. C’est une page web qui imite une alerte, et elle est parfois difficile à fermer, ce qui fait partie du procédé.

Si vous appelez, on vous demandera d’installer un logiciel pour permettre le dépannage à distance. Ce logiciel donne le contrôle de votre machine. La suite est prévisible : on vous montre des « erreurs » qui n’en sont pas, on vous vend une intervention, et pendant que vous regardez, quelqu’un se promène dans vos fichiers et vos comptes.

Le bon geste : fermer la fenêtre, éteindre l’ordinateur si elle refuse de se fermer, et ne jamais appeler le numéro affiché. Si vous avez un doute réel, appelez la personne qui s’occupe habituellement de votre matériel.

Le placement miracle, souvent estampillé « intelligence artificielle »

Section intitulée « Le placement miracle, souvent estampillé « intelligence artificielle » »

Celui-ci a beaucoup profité de la mode.

La promesse : un robot, un algorithme, une intelligence artificielle qui fait fructifier l’épargne avec des rendements que personne d’autre n’obtient. Un premier versement modeste, cent ou deux cents euros. Un espace client qui affiche des gains. Un « conseiller » attentionné qui rappelle souvent.

Les gains affichés sont un décor. L’argent n’a jamais été placé. Et le jour où vous voulez récupérer quelque chose, il faut d’abord payer des frais, puis des impôts, puis autre chose.

Ce qui a changé récemment, c’est la qualité de l’emballage. Les sites sont propres, les documents imités, et l’on voit circuler des vidéos truquées où une personnalité connue recommande le placement. Ces vidéos coûtent aujourd’hui presque rien à fabriquer.

Aucune personnalité publique ne recommande un placement dans une vidéo sur les réseaux sociaux. Quand vous en voyez une, c’est un faux, sans avoir besoin de l’examiner.

Ce que l’IA a changé, et ce qu’elle n’a pas changé

Section intitulée « Ce que l’IA a changé, et ce qu’elle n’a pas changé »

Il faut être précis, parce que l’exagération dessert.

Ce qui a changé : les courriers et les messages n’ont plus de fautes. Les fautes d’orthographe étaient le signal le plus commode, et il est mort. Les sites imités sont produits en quelques minutes. Les voix se copient. Les vidéos truquées sont à la portée de n’importe qui.

Ce qui n’a pas changé, et c’est la bonne nouvelle : le scénario. On vous demande toujours de l’argent ou un accès, toujours vite, toujours par un canal qu’on ne choisit pas.

Autrement dit, les indices de surface sont devenus inutilisables, et le mécanisme, lui, est resté identique. C’est sur le mécanisme qu’il faut se placer.

Une seule règle, et elle couvre les trois arnaques de cette fiche.

Ne vérifiez jamais une demande par le canal qui l’a apportée.

Le faux conseiller vous appelle ? Vous raccrochez et vous appelez le numéro au dos de votre carte bancaire. Un message vous alerte ? Vous ouvrez votre application vous-même, sans cliquer sur le lien. Une fenêtre affiche un numéro ? Vous ne l’appelez pas.

Aucune exception, y compris quand l’interlocuteur se présente comme la police, la banque, les impôts ou un huissier. L’autorité invoquée n’est pas une raison de faire exception : c’est le costume habituel.

Et personne de légitime ne vous reprochera d’avoir raccroché pour rappeler. C’est même exactement ce que votre banque vous conseille de faire.

Ce que vous ne devez jamais faire, quoi qu’on vous dise

Section intitulée « Ce que vous ne devez jamais faire, quoi qu’on vous dise »

Quatre choses, et il n’y a aucun cas de figure où l’une d’elles est justifiée.

Communiquer un code reçu par SMS. Ce code sert à autoriser une opération, et le dire revient à la signer.

Installer un logiciel à la demande de quelqu’un qui vous a appelé.

Virer de l’argent vers un compte présenté comme sécurisé, ou remettre des espèces à une personne qui se déplace chez vous.

Acheter des cartes prépayées et en dicter les codes.

Si l’une de ces quatre demandes apparaît, la conversation est terminée. Vous n’avez rien à discuter et rien à justifier. Raccrocher n’est pas impoli quand la personne en face ment.

Retournez votre carte bancaire et enregistrez le numéro qui figure au dos dans votre téléphone, sous un nom clair, « Ma banque ». C’est ce qui rend le rappel possible quand on est troublé.

Puis écrivez sur le même papier que la fiche précédente, près du téléphone, cette phrase : « Ma banque ne me demandera jamais de code, jamais de virement, jamais pendant un appel. »

Et décidez à qui vous téléphonez en cas de doute. Une personne, nommée, dont le numéro est dans votre répertoire. Avoir décidé à l’avance vaut beaucoup mieux que chercher sur le moment.

Vérifiez que vous avez compris

Question : un conseiller vous appelle, le numéro affiché est bien celui de votre agence, il connaît votre nom et le montant de votre dernier retrait. Il vous demande de valider une opération dans votre application pour bloquer une fraude. Que faites-vous ?

Réponse : vous raccrochez, sans discuter, et vous rappelez le numéro au dos de votre carte. Le numéro affiché se copie, et les informations qu’il connaît ont fuité ailleurs : ni l’un ni l’autre ne prouve quoi que ce soit. Surtout, une banque ne fait jamais valider une opération pendant un appel. La demande elle-même est la preuve, indépendamment de tout le reste.

Dernière fiche du module, et la plus inattendue : ce qu’on ne vous raconte pas sur ces outils.

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