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Préparer un entretien

L’entretien est redevenu le moment décisif. Les documents ne départagent plus grand monde, alors tout se joue là, et c’est plutôt une bonne nouvelle : c’est la partie qui se prépare le mieux.

Compte une heure de préparation pour un entretien qui en dure une. Ce ratio surprend, et il est le bon.

L’entreprise. Ce qu’elle fait, comment elle gagne sa vie, sa taille, son actualité. Tu l’as déjà fait pour la candidature : relis-le et complète.

Le poste. Pourquoi il est ouvert, ce qu’on y fait vraiment, à qui il rend compte. Une partie restera inconnue, et ça devient une question à poser.

Ton parcours, raconté. Pas récité : raconté. C’est l’objet de la fiche suivante.

Tes questions. Trois au minimum, écrites, sur un papier que tu poses sur la table. Ne pas avoir de question est le signal le plus négatif de tout l’entretien.

C’est le premier usage utile, et il prend dix minutes.

Voici une offre d'emploi et mon CV.
Je passe un entretien pour ce poste.
Donne-moi les quinze questions les plus probables, classées :
- celles qui portent sur mes compétences ;
- celles qui portent sur mon parcours, en particulier ses points
faibles ;
- celles qui portent sur ma motivation pour cette entreprise-là.
Pour chacune, dis-moi ce que le recruteur cherche réellement à savoir.
Ne rédige pas mes réponses.

Le « ne rédige pas mes réponses » est essentiel. Une réponse écrite par une machine et apprise par cœur s’entend immédiatement : le débit change, le vocabulaire n’est plus le tien, et la question de relance te met à terre.

La deuxième colonne, ce que le recruteur cherche vraiment, est celle qui fait progresser. « Parlez-moi de vous » ne demande pas ta biographie : on veut savoir si tu sais sélectionner l’important en trois minutes.

Elles servent deux fois : tu apprends des choses, et tu montres que tu as réfléchi au poste plutôt qu’à l’obtenir.

Les meilleures viennent de ce que l’offre ne disait pas.

Pourquoi le poste est-il ouvert ? Comment se passe une journée type ? Qu’est-ce qui ferait qu’au bout de six mois vous seriez content d’avoir recruté cette personne ? Qu’est-ce qui est difficile dans ce poste ?

Cette dernière est ma préférée. Elle change souvent le ton de l’entretien, parce que peu de candidats la posent, et la réponse t’apprend beaucoup sur ce qui t’attend.

Évite en revanche les questions dont la réponse est sur la première page du site. Elles prouvent l’inverse de ce que tu veux prouver.

Renseigne-toi avant, tu ne peux pas répondre au hasard.

Les conventions collectives donnent des minima par branche et sont publiques. Les grilles de la fonction publique aussi. Pour le privé, les enquêtes sectorielles et les offres comparables de ton bassin donnent un ordre de grandeur.

Tu peux demander : « Quelle fourchette est réaliste pour ce type de poste, dans ce secteur, à ce niveau d’expérience ? » Vérifie la réponse ailleurs : sur ce sujet précis, la machine se trompe volontiers, et souvent vers le haut.

Prépare une fourchette et un plancher, celui en dessous duquel tu ne prends pas le poste. Décidé à froid, il tient mieux.

Un format qui s’est répandu et qui déstabilise, parce qu’il n’y a personne en face.

Tu reçois un lien, des questions s’affichent, tu t’enregistres, souvent avec un temps de préparation court et un nombre d’essais limité. Un logiciel trie ensuite, ou du moins organise, avant qu’un humain regarde une partie des vidéos.

Trois conseils, et ils sont mécaniques.

Fais un essai technique avant : caméra à hauteur des yeux, lumière devant toi et pas derrière, fond neutre, son testé.

Regarde l’objectif, pas ton image. C’est contre-intuitif et ça change tout.

Réponds court, structuré, et commence par la réponse. Sans interlocuteur pour te relancer, une réponse qui tourne autour du sujet n’est jamais rattrapée.

Relis tes trois questions. Relis les cinq lignes du haut de ton CV, ce sont celles sur lesquelles on t’interrogera.

Prends une version papier du CV. Le recruteur ne l’a pas toujours sous les yeux, et c’est un objet utile pour poser tes questions.

Et arrive avec quelque chose à dire sur l’entreprise qui date de moins d’un mois. C’est le détail qui fait dire « celui-là s’est intéressé ».

Vérifie ta compréhension

Question : tu demandes à une IA de rédiger tes réponses aux quinze questions probables, et tu les apprends. Où est le problème ?

Réponse : il est double. Le débit d’une réponse récitée s’entend, et la première question de relance, qui vient toujours, te laisse sans rien. Surtout, ces réponses ne contiennent pas tes exemples : la machine ne connaît pas ce mardi où tout est tombé en panne et où tu as tenu la boutique. Prépare les questions et ce qu’elles cherchent, pas les réponses. Les exemples, c’est toi qui les as.

Fiche suivante : s’entraîner à voix haute, qui est l’usage le plus rentable de tous.

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