Atelier 2 · Le plan en une page
Cet atelier clôt la journée. Compte une heure.
Il produit le seul livrable qui compte : un document d’une page que la direction peut lire, arbitrer et financer. Un plan de douze pages ne sera pas lu, donc pas arbitré, donc pas financé.
La mission
Section intitulée « La mission »Un plan hiérarchisé selon un ordre qui ne dépend d’aucune date, avec porteur, échéance et coût pour chaque ligne, et le message envoyé avant la fin de la séance.
1. L’ordre, qui n’est pas négociable (10 minutes)
Section intitulée « 1. L’ordre, qui n’est pas négociable (10 minutes) »Reprends l’inventaire de l’atelier 1 et range les actions dans cet ordre. Il découle de la fiche sur le calendrier et il tient quelle que soit l’évolution des échéances.
| Rang | Ce qu’on traite | Pourquoi en premier |
|---|---|---|
| 1 | Les pratiques interdites, s’il y en a | S’appliquent déjà, et ne se documentent pas |
| 2 | La maîtrise de l’IA du personnel concerné | S’applique déjà, coûte peu |
| 3 | Les systèmes à haut risque identifiés | Le travail est long, la documentation dépend d’un tiers |
| 4 | La transparence des agents exposés au public | Rapide, visible, peu coûteux |
| 5 | La règle interne écrite | Se fait en même temps que le 2 |
| 6 | Les questions ouvertes de qualification | À confier à un conseil, sans bloquer le reste |
Résiste à la tentation de commencer par ce qui est facile. Une pratique interdite qui tourne pendant qu’on rédige une charte est le scénario à éviter.
2. Le tableau du plan (25 minutes)
Section intitulée « 2. Le tableau du plan (25 minutes) »Une ligne par action. Six colonnes, pas plus.
| Rang | Action | Porteur | Échéance | Coût | Preuve attendue |
|---|
Quatre consignes qui font la différence entre un plan et une liste d’intentions.
Un porteur nommé, une personne, pas un service. « La DSI » ne porte rien.
Une échéance datée, pas « au plus tôt ».
Un coût, même approximatif : jours-homme internes, prestation externe, licences. Une direction arbitre des coûts, pas des principes.
Une preuve attendue : ce qui existera et qui montrera que c’est fait. Une réponse écrite du fournisseur, une feuille d’émargement, un tableau de traçabilité, une mention publiée.
| Vérifié ? | Contrôle du plan |
|---|---|
| ☐ | Chaque ligne a un porteur nommé, une date, un coût, une preuve |
| ☐ | L’ordre suit les six rangs, sans réordonnancement de confort |
| ☐ | Les usages en niveau minimal n’apparaissent pas dans le plan |
| ☐ | Le plan tient sur une page |
La troisième ligne est celle qu’on oublie. Faire figurer au plan des usages qui ne demandent rien noie les deux actions qui comptent.
3. Ce que vous ne ferez pas (10 minutes)
Section intitulée « 3. Ce que vous ne ferez pas (10 minutes) »Section courte et inhabituelle, à faire figurer explicitement dans le document.
Écris ce que vous avez décidé de ne pas faire, et pourquoi. Les obligations qui pèsent sur les fournisseurs et pas sur vous. Les usages classés en niveau minimal. Les prestations que vous ne prendrez pas.
Deux effets. Ça évite qu’un commercial revienne dans six mois vendre une prestation déjà écartée. Et ça montre à la direction que le plan résulte d’un tri, pas d’une liste de peurs.
C’est aussi ce qui distingue votre travail d’une offre de conformité générique.
4. Le message à la direction (15 minutes)
Section intitulée « 4. Le message à la direction (15 minutes) »Dix lignes, écrites maintenant, envoyées avant la fin de la séance.
Ce qu’il contient. Les quatre chiffres de l’inventaire. Ce qui s’applique déjà, indépendamment du calendrier. Les deux ou trois lignes qui concentrent l’exposition. Le plan avec son coût total. Et ce que vous avez décidé de ne pas faire.
Ce qu’il ne contient pas. Aucun montant de sanction. Aucun ton d’alarme. Aucune date affirmée sans la réserve de la fiche sur le calendrier.
Une direction arbitre mieux un plan chiffré qu’une note d’inquiétude, et elle se souvient de qui lui a évité une dépense inutile.
La grille de correction
Section intitulée « La grille de correction »| Critère | Points |
|---|---|
| Le plan part de l’inventaire réel de l’atelier 1 | /2 |
| L’ordre des six rangs est respecté | /4 |
| Chaque ligne porte un porteur nommé, une date, un coût et une preuve | /4 |
| Les usages en niveau minimal sont exclus du plan | /2 |
| La section « ce que nous ne ferons pas » est écrite et justifiée | /3 |
| Le plan tient sur une page | /2 |
| Le message à la direction est écrit et envoyé | /3 |
Seuil de validation : 14 sur 20.
Ce que tu gardes
Section intitulée « Ce que tu gardes »Un plan d’une page, arbitrable. L’inventaire qui le fonde. Et une position : celle de la personne qui a trié plutôt que celle qui a relayé l’inquiétude générale.
Pour aller plus loin
Section intitulée « Pour aller plus loin »Fixe une revue à six mois : refaire l’inventaire, mesurer ce qui a bougé, et vérifier l’état du calendrier réglementaire avant toute nouvelle présentation.
Et si le plan comporte une ligne « règle interne à écrire », la suite naturelle est de la rédiger sérieusement, avec les personnes concernées plutôt qu’en cabinet. C’est un exercice à part entière, et une charte qui n’est pas appliquée ne vaut pas mieux que pas de charte du tout.
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