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Les données clients

Un commercial manipule des données personnelles toute la journée sans jamais employer l’expression. Un contact, c’est une personne. Un fichier de prospection, c’est un traitement de données.

Cette fiche donne les repères opérationnels. Pour un cadre écrit à l’échelle de l’entreprise, IA et données personnelles au quotidien va plus loin, et la référence reste la CNIL (cnil.fr).

La règle dépend de la personne visée, pas de ton secteur.

Vers un particulier, la prospection par voie électronique suppose son accord préalable. L’exception principale concerne vos clients existants, pour des produits ou services analogues à ceux qu’ils ont déjà achetés, avec toujours la possibilité de s’y opposer.

Vers un professionnel sur son adresse professionnelle, l’accord préalable n’est pas exigé de la même façon, à deux conditions : le message doit être en rapport avec la fonction de la personne, et elle doit être informée et pouvoir s’opposer simplement, au moment de la collecte et dans chaque message.

Dans tous les cas : l’expéditeur est identifiable, l’objet n’est pas trompeur, et le moyen de ne plus être contacté fonctionne réellement.

Ce dernier point est celui qui pose problème en pratique. Une demande de désinscription doit être traitée, y compris quand elle arrive par une réponse en texte libre du genre « merci de me retirer de vos listes ». Un outil automatique ne la comprendra pas toujours : c’est à toi de la voir.

L’IA a rendu très facile la construction de fichiers, et c’est là que les ennuis commencent.

Aspirer massivement des profils sur un réseau professionnel pour en faire un fichier de prospection pose un vrai problème : les personnes n’ont pas été informées, elles n’ont aucun moyen de s’y opposer, et ce n’est pas parce qu’une information est visible qu’elle est réutilisable pour n’importe quel usage.

Acheter ou louer un fichier n’est pas interdit, mais tu restes responsable de ce que tu en fais. Demande d’où viennent les contacts et comment ils ont été informés. Si le vendeur ne peut pas répondre, le fichier est un risque, pas un actif.

Et ne constitue pas de dossier sur les personnes que tu rencontres. Chercher la fonction et le parcours professionnel d’un interlocuteur est normal. Agréger sa vie privée, ses publications personnelles, ses opinions, ne l’est pas.

Ce qu’on ne colle pas dans un outil grand public

Section intitulée « Ce qu’on ne colle pas dans un outil grand public »

La liste est courte et elle ne bouge pas.

Un export de CRM avec noms, coordonnées et montants.

Les commentaires internes sur des personnes. C’est le point le plus sensible, parce que ce sont souvent des appréciations.

Un contrat client, une grille tarifaire confidentielle, une proposition d’un concurrent.

Un dossier en litige ou en contentieux.

Et les coordonnées bancaires, quel que soit le prétexte.

Le geste qui règle la quasi-totalité des cas : les étiquettes.

Dans ton document Ce que tu colles
Société Payet Distribution LE CLIENT
Mme Hoarau, directrice des achats LE CONTACT
42 000 € sur trois ans LE MONTANT
Contrat n° 2025-114 LE CONTRAT

Tu récupères le texte avec les étiquettes et tu remets les vraies valeurs dans ton document final. Deux minutes, et le problème disparaît.

Encore mieux : décris la situation au lieu de fournir le document. « Un client industriel de quarante personnes, en retard de paiement de deux mois, avec qui nous travaillons depuis six ans, veut renégocier les délais. » Aucun nom, aucun montant, et la lettre obtenue est la même.

Une personne dont tu détiens les données peut demander à savoir ce que tu as sur elle, à le faire corriger, à le faire effacer, et à ne plus être prospectée.

Ces demandes se traitent, dans un délai encadré, et elles arrivent de plus en plus souvent.

Deux conséquences concrètes pour toi. Écris dans ton CRM comme si la personne pouvait le lire, parce qu’elle le peut. Et sache à qui transmettre une telle demande dans ton entreprise : le délégué à la protection des données s’il existe, sinon la direction.

Un fichier de prospection n’est pas éternel. Les données de prospects se conservent pour une durée limitée, et la CNIL donne des repères, souvent exprimés en années après le dernier contact.

En pratique, à ton niveau : ne réveille pas un fichier de contacts vieux de huit ans qui n’ont jamais répondu. C’est inefficace commercialement, et c’est exactement le genre d’envoi qui déclenche une plainte.

Vérifie ta compréhension

Question : un prestataire te propose un fichier de trois mille dirigeants d’entreprises de ton département, avec adresses mail personnelles et numéros de portable, extraits de sources publiques. Tu achètes ?

Réponse : non, et pose d’abord les questions. Des adresses personnelles et des portables ne sont pas des coordonnées professionnelles : la règle applicable n’est pas la même, et l’accord préalable devient un sujet. Demande d’où viennent les contacts et comment les personnes ont été informées. Sans réponse claire, tu achètes un risque que tu porteras, pas le vendeur. Un fichier plus petit et correctement constitué vaut mieux, et il produit de meilleurs résultats.

Fiche suivante : ce qu’on n’a pas le droit de promettre.

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